A comme Aujourd’hui

Présentation :

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, et ne dispose d’aucun moyen de savoir où, et « qui » sera son hôte. Une seule chose est sûre : il n’empruntera cette identité que le temps d’une journée. Aussi incroyable que cela paraîsse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière : ne pas s’attacher ; ne pas se faire remarquer ; ne jamais s’immiscer dans la vie de l’autre.
Des préceptes qui resteront les siens jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu’il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient enfin de croiser quelqu’un qu’il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour…
Une romance captivante, qui tente de décrypter ce sentiment complexe qu’est l’amour, à travers le destin de ces deux héros que tout semble vouloir séparer. Ou comment parvenir à aimer lorsque l’on est condamné à ne vivre qu’au présent…

Mon avis :

J’ai lu ce livre en numérique sur ma liseuse. J’en avais entendu parler à l’époque de sa sortie, je crois, essentiellement sur Booktube. Il ne m’attirait pas particulièrement bien que les avis soient bons. Je me suis finalement laissée tenter plusieurs années plus tard. C’est en effet un genre de lecture vers lequel je ne vais pas particulièrement de prime abord, mais qui est plutôt agréable en lecture plus légère, plus « jeunesse », entre deux romans ou ouvrages plus denses.

J’ai trouvé la thématique intéressante. On a ici une entité qui change de corps chaque jour. Un jour une fille, l’autre un garçon, dont il vit la vie le temps d’une journée. Il faut se fondre dans le personnage du jour, tout en se faisant le plus discret possible et en évitant de laisser trop de traces de son passage. Pas évident, on s’en doute. Cela soulève pas mal de questions : quelle place prendre ? quels souvenirs utiliser ? lesquels laisser ? et si quelqu’un s’en rend compte ? Que faire de ses sentiments ? Toutes ces questions apparaissent, mais surtout ces deux dernières problématiques.

La place de l’amour dans tout cela est bien mise en avant. Celle de l’image laissée à la personne « occupée » un peu moins ; c’est d’ailleurs dommage, c’est un peu tiré à gros traits et pas beaucoup exploité. Pour le reste, j’ai trouvé cette lecture plutôt agréable, sur l’aspect « de quoi » tombe-t-on vraiment amoureux ? C’est assez joli. Je suis un peu restée sur ma faim avec la fin mais l’idée est elle aussi plutôt bonne.

L’écho des morts – Johan Theorin

l'écho des morts

Présentation :

Comme dans L’Heure trouble, son précédent roman salué par la critique internationale, J. Theorin nous emmène dans l’île d’Öland à l’atmosphère si étrange. Les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s’y installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée, Katrine Westin est retrouvée noyée. Son mari s’enfonce dans la dépression. Alors que d’inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l’enquête est vite convaincue que cette mort n’est pas accidentelle…
Porté par l’écriture très personnelle de Theorin, un suspense où passé et présent s’entrecroisent dans un climat troublant, aux limites du fantastique. Theorin est un écrivain des climats et des ambiances, des tout petits riens dont la lente et modeste accumulation font des grands touts.

Mon avis :

Je me suis penchée sur ce roman car il faisait partie des recommandations de mon application Kindle. Je m’attendais à un thriller à peu près classique, avec une ambiance nordique marquée. Il y a en fait également une part de fantastique qui n’est pas négligeable finalement.

Un drame survient sur l’île d’Oland quand Katrine est retrouvée noyée près de chez elle. L’enquête est lancée, suivie par une jeune policière arrivée récemment qui a aussi à faire à côté avec des cambriolages qui se multiplient sur le secteur. En parallèle de ces deux pans, nous suivons également des chapitres qui font référence au passé de l’île.

Très vite, j’ai compris que je n’aurais pas mon enquête ou mon tueur classique. Les touches de mystère sont très vite présentes. J’ai parfois eu peur de me perdre car j’avais du mal à faire le lien entre les différentes facettes de l’histoire. Cela reste à vrai dire pas extrêmement clair pour moi à la fin ; j’ai bien compris, bien sûr, mais je trouve que c’est un peu tiré par les cheveux. Des éléments ne vont pas assez loin dans les explications selon moi.

L’ambiance par contre, est très bien retranscrite. On est plongé dans cette partie reculée de la Suède, avec la campagne, les phares, la mer, le terroir et ses habitants. Le mystère qui grandit apporte un côté assez oppressant à tout cela, comme le sentiment de huis-clos, au fur et à mesure que la tempête se rapproche. C’est un peu « stephenkinguesque » (même si seul Stephen King arrive à son niveau).

J’ai quand même passé un bon moment de lecture, bien que je m’attendais du coup à autre chose. Peut-être qu’en sachant davantage vers quoi on se dirige, on apprécie d’autant plus ce roman. On m’a dit que d’autres livres de cet auteur, y compris dans la même série, risquaient de me plaire davantage. Je verrai si je tente…

 

Le goût des belles choses était lié à la conscience directe de tout le travail qu’elles représentaient.

Le mystère Fulcanelli – Henri Loevenbruck

Présentation :

Un meurtre dans une vieille église de Séville. Un assassinat dans une bibliothèque parisienne. Un ancien manuscrit dérobé. Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du xxe siècle : Fulcanelli ! Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme. En acceptant de mener l’enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier.
Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l’histoire de l’alchimie ?

Mon avis :

Je suis allée vers ce livre en me rendant compte que je n’avais pas encore lu de romans d’Henri Loevenbruck, bien que nous en ayons plusieurs à la maison, et qu’ils m’avaient déjà été recommandés par plusieurs personnes de mon entourage. Celui-ci n’est pas le premier de la série concernée mais c’est lui que j’avais sous la main et donc vers lui que je suis allée.

Un savant qui se moque du possible est bien proche d’un idiot. Respectons le possible, dont personne ne connaît les limites et soyons attentifs et sérieux devant le monde extra-humain d’où nous sortons et qui nous attend.

(Victor Hugo)

On a là un thriller ésotérique, donc, comme vous l’aurez compris avec le résumé. C’est un genre que j’apprécie de temps en temps, aussi cela ne m’a évidemment pas rebutée (je ne serais pas allée vers cet auteur sinon, me direz-vous). On va suivre l’enquête qui touche à plusieurs meurtres, qui semblent tous rattachés à l’identité mystérieuse de Fulcanelli, un alchimiste qui a publié deux ouvrages majeurs dans ce domaine et dont une dernière publication reste inconnue. On va donc s’interroger tout au long de ce roman sur qui était Fulcanelli ? a-t-il vraiment existé au moins ? Et pourquoi l’homme qui affirmait posséder un carnet attribué à ce mystérieux auteur a-t-il été assassiné ? Quel lien avec le meurtre qui a eu lieu devant un tableau à Séville ? Quel lien également avec les membres du groupe Héliopolis que l’on suit sur quelques chapitres ?

J’ai aimé cette intrigue et ses mystères, bien que j’aie trouvé les passages « carnet moleskine » un peu longs à force et que j’avoue être passée un peu en diagonale sur certains d’entre eux.

Les personnages m’ont beaucoup plu, notamment l’humour grinçant d’Ari et l’acharnement de Radenac pour mener à bien son enquête. Le duo Lola/Ari m’a fait un peu penser à celui que l’on trouve chez Franck Thilliez avec Lucie et Sharko, bien que leur histoire soit totalement différente ; leurs personnalités respectives se retrouvent un peu.

Un petit plus pour l’attachement aux petites librairies qui ressort de ce roman, et un petit coup de coeur pour l’épisode de la boîte de pansements que j’ai trouvé vraiment trop mignon.

Je lirai les autres livres de l’auteur car celui-ci, même si ça n’a pas été un coup de coeur, m’a plutôt bien plu.

Promenons-nous dans les bois – Bill Bryson

Présentation :

Dans cette aventure qui mêle histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon de marche son vieux copain d’école, Stephen Katz, l’un des personnages de Ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des années 1950. Le problème, c’est que Katz préfère regarder des épisoldes d’X-Files dans les motels. L’autre problème, c’est qu’en se promenant dans les bois on risque de croiser, comme dans la série de science-fiction, d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur : des ours ou, pis, d’autres randonneurs, sans oublier les plantes toxiques qui vous rendent plus vert qu’un Martien.
La littérature à la Bryson a pour immense avantage de ne pas endormir le lecteur en chemin. « Jamais un bouquin ne m’a fait autant rire ! » s’est exclamé Robert Redford, qui l’a élu comme livre de chevet.

Mon avis :

Bill Bryson part sur le sentier des Appalaches, qui va du Maine à la Géorgie, sur une distance de 3 500 km. On le suit dans cette aventure, au fil des montées qui en cachent toujours de nouvelles. Sans oublier son ami Katz qui l’accompagne ; ce dernier est plutôt ronchon, pas toujours vraiment dans le « trip », c’est le cas de le dire.

J’ai aimé cette lecture, l’écriture de l’auteur notamment qui nous raconte son périple avec un ton humoristique assez caustique. On apprend par ailleurs beaucoup sur le sentier, sur les parcs naturels aux Etats-Unis, les problématiques environnementales, la gestion de ces espaces naturels, la mise en place des accueils de randonneurs, etc. Ces passages documentaires sont bien intéressants.

J’ai trouvé dommage que le duo s’arrête quelques temps avant de repartir pour des bouts de randonnée sur ce sentier légendaire. On le comprend, bien sûr, je n’ai pas décroché, mais j’ai quand même ressenti un changement dans ma lecture à partir de ce moment-là.

J’ai apprécié suivre les péripéties de ces randonneurs amateurs, leurs difficultés, l’évolution de leur état d’esprit aussi (excitation, émerveillement, fatigue, colère, enthousiasme, angoisse, joie…).  Ils font aussi des rencontres improbables qui pimentent leur parcours.

C’est un livre distrayant et instructif à la fois et je reste admirative de l’aventure qu’ils ont osé mener.

Pour en savoir plus sur le sentier des Appalaches : c’est par ici !

 

 

Un sur deux – Steve Mosby [chronique]

Présentation :

Vaut-il mieux mourir ou condamner l’autre à la mort? Avant d’en tuer un sur deux, un serial killer torture les couples qu’il séquestre: à eux de décider.
Jodie vient de tromper Scott et se sent coupable. De son côté, il recense cinq cents raisons de l’aimer. Ils sont enlevés. L’inspecteur Mercer n’a que quelques heures pour les retrouver avant qu’ils ne craquent. Et vous, que feriez-vous ?

Mon avis :

Le speech m’a directement fait penser à la série des films Saw. Assez friande de celle-ci, j’ai ajouté ce roman à ma wishlist. Je souhaitais quand même éviter de tomber dans une mise en scène trop proche de celles des films en question. Je l’ai dit, j’aime beaucoup cette saga (les 3 premiers films surtout en fait), mais je ne vois pas l’intérêt de retrouver exactement la même chose ailleurs.

Et là, je tombe sur « on va jouer à un jeu… » Même s’il s’agit d’un jeu « sur l’amour », cela partait plutôt mal pour s’écarter de mon appréhension évoquée ci-dessus. D’autres éléments de l’histoire se rapprochent également, plus loin dans le roman. Mais bon, j’ai levé les yeux et j’ai continué. Ce jeu sur le thème de la culpabilité, de l’amour, des secrets, de la réciprocité de sentiments… ça pouvait le faire !

On est dans la situation classique du jeune flic qui prend son premier poste dans l’équipe d’un vieux briscard et dans le cadre d’une enquête difficile. J’ai plutôt bien accroché au personnage de Mark, un peu moins aux autres, mais ça ne m’a pas non plus heurtée. J’ai apprécié l’alternance des points de vue entre Mark, Scott, Jodie, Eileen. Il n’est pas difficile de s’y retrouver et cela permet une vue d’ensemble de l’enquête. C’est un schéma qui me plaît plutôt habituellement. Malgré mes a priori j’ai donc pris un certain plaisir à cette lecture. J’étais curieuse de connaître qui était le tueur et quel était son mobile, de mieux ainsi comprendre aussi le lien entre le passé et l’affaire en cours également.

Sur ce dernier point, j’ai cru saisir un bout de solution aux trois-quarts du roman, mais j’étais sur une fausse route finalement (bien que mon idée aurait pu être une bonne suite à l’histoire, je dis ça je dis rien). Et finalement, je suis restée un peu sur ma faim concernant cette compréhension. J’ai été un peu déçue par la fin. J’ai le sentiment qu’il manque pas mal d’éléments de réponse, ou bien ai-je zappé des éléments ? Je ne le relirai pas pour le savoir, je ne saurais donc pas vous dire. J’ai trouvé aussi qu’il manquait d’éléments sur le coupable, sa personnalité et le pourquoi de celle-ci. C’est trop peu abordé à mon goût, alors que c’est un aspect des thrillers qui est très important pour moi généralement.

En résumé, malgré une appréhension de déjà-vu qui n’étais pas si infondée que cela, j’ai lu ce roman avec avidité. La fin m’a quelque peu déçue après cette envie de connaître le dénouement de tout cela. Je n’en garderai pas un souvenir impérissable.

La septième vague – Daniel Glattauer

Présentation :

Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l’unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d’avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d’amour où l’on ne connaît pas le visage de l’autre ? Où l’on rêve de tous les possibles ? Où l’on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? « Pourquoi veux-tu me rencontrer ? » demande Léo, inquiet. « Parce que je veux que tu en finisses avec l’idée que je veux en finir » répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l’amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s’esquiver pour mieux… s’aimer !

Mon avis :

J’avais adoré Quand souffle le vent du nord, qui précède ce roman-ci. La thématique du « tomber amoureux à distance » me touche beaucoup car mes deux « vraies et longues » histoires ont commencé ainsi et ont duré (et dure toujours, pour l’une d’elle, encore longtemps j’espère). C’est donc quelque chose qui me parle beaucoup et me touche au plus près. J’avais de plus beaucoup aimé la relation que tissent du coup Emmi et Léo, leurs caractères, leurs personnalités. J’étais donc très enthousiaste à l’idée de les retrouver dans La septième vague.

Je n’ai pas pris le temps de relire Quand souffle le vent du nord, mais je n’ai eu aucun mal à me replonger auprès de ces deux personnages. D’autant que cette suite arrive plusieurs mois après la fin de ce précédent opus. J’ai donc tout naturellement retisser le lien en même temps qu’eux et me suis laissée prendre au jeu de leur nouvelle correspondance.

Je crois avoir été un peu moins émue que par le premier tome, même si j’ai de nouveau passé un très moment avec ce couple, il faut le dire, compliqué. Là encore, je l’ai lu très rapidement : c’est très court, construit sur des échanges de mails, et j’avais vraiment envie de savoir ce qui attendait Emmi et Léo.

La fin est juste un peu rapide, un peu facile à mon goût, mais elle termine plutôt bien ces échanges. Une lecture légère qui m’a fait passé un nouveau bon moment.

Une aventure est faite pour être vécue à fond, d’un coup. Etre ensemble, c’est vouloir rester ensemble pour peut-être un jour apprendre à bien se connaître.